Avec l’âge, notre cercle social tend souvent à rétrécir, mais la science ne montre pas que nous « aimons moins les gens » : nous devenons surtout plus sélectifs.
Les recherches sur le vieillissement social montrent que les adultes plus âgés ont généralement des réseaux moins étendus, tout en conservant leurs relations émotionnellement importantes. Ce changement peut commencer bien avant la vieillesse.
Nous privilégions davantage les relations qui comptent
La théorie de la sélectivité socioémotionnelle, développée notamment par la psychologue Laura Carstensen, propose qu’en percevant davantage les limites du temps, nous accordons plus d’importance aux expériences émotionnellement significatives. Les proches prennent alors souvent le pas sur les connaissances périphériques.
Les relations superficielles perdent de leur intérêt
Les études longitudinales suggèrent que la réduction du cercle social ne résulte pas uniquement des décès, de la retraite ou de problèmes de santé. Une partie correspond à une sélection volontaire des relations : les liens périphériques diminuent tandis que les relations proches sont davantage préservées.
La qualité peut devenir plus importante que la quantité
Avoir moins de contacts ne signifie donc pas nécessairement être plus solitaire. Des travaux montrent que les réseaux des personnes âgées sont souvent plus petits mais davantage concentrés autour de relations émotionnellement proches. Cette sélectivité peut être compatible avec un bon bien-être émotionnel.
Nous pouvons aussi éviter davantage les tensions
Avec l’âge, préserver l’équilibre émotionnel peut prendre davantage d’importance. Certaines personnes choisissent alors de moins investir dans les interactions conflictuelles ou peu satisfaisantes. Ce comportement varie cependant fortement selon la personnalité, la santé et les circonstances de vie.
Moins aimer les gens ? Pas exactement
La formule est donc trompeuse. Les données scientifiques décrivent plutôt une évolution vers moins de relations, mais davantage sélectionnées pour leur proximité et leur valeur émotionnelle. Attention toutefois : une réduction choisie du cercle social est différente d’un isolement subi, qui peut devenir problématique.