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Badigeon à la chaux, huile blanche, bouillie bordelaise ou encore bouillie nantaise : pendant longtemps, ces traitements ont été utilisés en hiver pour protéger les arbres fruitiers contre les maladies et les ravageurs. Mais sont-ils toujours indispensables aujourd’hui ?

Traitement des Arbres Fruitiers en Hiver : Le Guide Permaculture !

En permaculture, l’objectif est plutôt de privilégier une approche préventive, d’observer les arbres et d’intervenir uniquement lorsque cela est réellement nécessaire. Voici les principales maladies et attaques que l’on peut rencontrer au verger en hiver, ainsi que les solutions les plus adaptées.

Lutter contre la moniliose des pommiers et des cognassiers

En hiver, certains fruits restent accrochés aux branches et prennent un aspect desséché et momifié.

On peut également remarquer des extrémités de rameaux qui se dessèchent.

Avant ou après la récolte, les fruits atteints peuvent pourrir et se couvrir de petites taches beiges disposées en cercles concentriques, caractéristiques de la moniliose.

Face à la moniliose, mieux vaut adopter une approche préventive, car aucun traitement hivernal n’est réellement efficace pour éliminer complètement cette maladie, y compris les traitements à base de cuivre autrefois largement recommandés.

Certains préparations végétales, comme les purins d’ortie ou de prêle, pourraient contribuer à stimuler les défenses naturelles des arbres, mais leur efficacité reste difficile à établir.

Le geste le plus utile consiste donc à réduire les sources de contamination dans le verger en retirant les fruits momifiés encore présents sur les branches ou tombés au sol, ainsi que les rameaux desséchés et les feuilles atteintes.

Cette opération limite les foyers à partir desquels le champignon pourrait se développer à nouveau.

La bouillie nantaise : prudence

La bouillie nantaise, également appelée bouillie sulfocalcique, est une préparation à base de chaux et de soufre autrefois utilisée contre différentes maladies des arbres fruitiers.

On trouve aujourd’hui de nombreuses recettes permettant de fabriquer ce produit soi-même.

Pourtant, sa préparation et son utilisation présentent des risques importants, notamment en raison de son caractère corrosif.

Il est donc préférable de ne pas fabriquer soi-même ce type de préparation et de respecter la réglementation ainsi que les précautions indiquées sur les produits autorisés.

Comment limiter la cloque du pêcher ?

La cloque du pêcher se reconnaît facilement lorsque les jeunes feuilles deviennent déformées, épaisses et gaufrées, puis prennent des teintes allant du rouge au violet.

Lorsque l’attaque est importante, elle peut ralentir la croissance des jeunes arbres et fragiliser les pousses.

La cloque est provoquée par un champignon appelé Taphrina deformans, qui passe l’hiver sur les rameaux et à proximité des bourgeons avant de contaminer les jeunes tissus au moment du débourrement.

Dans les situations où un traitement est justifié, les produits cupriques peuvent être utilisés à titre préventif, en respectant les usages et doses autorisés, leur efficacité dépendant notamment du bon moment d’application avant que l’infection ne s’installe.

En permaculture, il est également important de relativiser la maladie, car la cloque peut être impressionnante sans forcément mettre en danger un pêcher adulte et vigoureux, les jeunes arbres étant généralement plus sensibles.

Lorsque les symptômes restent limités, la meilleure solution peut donc être de renforcer la vigueur générale de l’arbre et d’éviter les traitements inutiles.

Les coquilles d’œufs contre la cloque : mythe ou réalité ?

Accrocher des coquilles d’œufs aux branches des pêchers est un ancien remède populaire censé protéger contre la cloque, et l’on retrouve des croyances similaires pour éloigner certains ravageurs du potager ou protéger d’autres plantes.

Cependant, aucune preuve solide ne permet de confirmer l’efficacité des coquilles d’œufs contre la cloque du pêcher.

Il vaut donc mieux considérer cette pratique comme une tradition populaire plutôt que comme une véritable méthode de traitement.

Lutter contre les cochenilles

Les cochenilles peuvent toucher de nombreux fruitiers et arbustes, notamment les pruniers, pommiers, oliviers et agrumes, apparaissant sous la forme de petites masses blanches, cotonneuses, ou de petites coques brunes fixées sur les branches.

Une infestation importante peut également produire du miellat, une substance collante parfois accompagnée de fumagine, un champignon noir qui se développe à sa surface.

En cas d’infestation importante, une application d’huile horticole adaptée peut être envisagée pendant la période de repos végétatif, en respectant strictement les indications du produit.

L’huile agit principalement par contact en recouvrant les insectes pour perturber leur respiration, atteignant ainsi certaines cochenilles, leurs larves et leurs œufs.

Mais cette méthode n’est pas totalement sélective, car une huile appliquée sur les végétaux peut également affecter des insectes auxiliaires présents sur l’arbre.

Même lorsqu’un produit est d’origine naturelle, son utilisation doit donc rester raisonnée et justifiée par une véritable infestation.

Faut-il utiliser un badigeon sur les troncs ?

Le badigeon arboricole à base de chaux est une pratique ancienne, tout comme l’application de différentes préparations artisanales à base d’argile, de cendres ou d’autres ingrédients sur les troncs et les grosses branches.

L’objectif était notamment de protéger l’écorce contre certaines agressions climatiques et de limiter la présence de formes hivernantes de ravageurs ou de maladies.

Cependant, l’efficacité de ces badigeons contre les pucerons, acariens et autres parasites est variable et ne justifie pas systématiquement leur utilisation.

Il faut également éviter de gratter ou de nettoyer excessivement les écorces pour les rendre parfaitement propres, car les mousses, lichens et irrégularités font partie d’un écosystème vivant qui abrite de nombreux organismes bénéfiques au jardin.

En permaculture, l’idée est donc de préserver au maximum ce microcosme et de n’intervenir que lorsque cela apporte un réel bénéfice à l’arbre.

Conclusion

L’entretien hivernal des arbres fruitiers repose avant tout sur l’observation et la prévention.

Retirer les fruits momifiés, éliminer les parties fortement atteintes et préserver les insectes auxiliaires constituent des gestes indispensables.

Cette approche naturelle garantit la bonne santé de votre verger tout au long de la saison.